Jean, Duc de Berry
Ce « seigneur des Lys » d'esprit brouillon, qui pressure ses sujets, spolie ses vassaux et accumule les fautes politiques, est aussi un mécène.
Epris de faste, passionné de bâtir, il collectionne les plus somptueux objets d'art, et entasse dans sa « librairie » les manuscrits les plus rares. Il fait de Bourges un brillant foyer de création artistique, grâce aux architectes, sculpteurs, miniaturistes dont il s'attache les services.
Il ne reste rien de sa Sainte-Chapelle, peu de chose de son immense Palais Ducal, et la haute ruine romantique de Mehun-sur-Yèvre évoque mal ce que fut ce prestigieux château, dont les tours se couronnaient de toutes les splendeurs aériennes du gothique le plus flamboyant. Mais la cathédrale Saint-Etienne lui doit son grand « housteau » (fenêtrage à rosace), et abrite depuis 1757 son tombeau, dû au ciseau de Jean de Cambray.
Et qui ne connaît les enluminures d'une rare perfection des Très Riches Heure du Duc de Berry ?
Commencées par les frères Limbourg, elles seront achevées bien plus tard, vers 1485, par le peintre berruyer Jean Colombe.
Car le mécénat de Jean de Berry fait surgir à Bourges un élan créateur qui ne s'arrêtera plus jusqu'à la Renaissance. Sa cour ducale donne un essor à tout un artisanat de luxe, attire riches marchands et changeurs.
(Source: « BERRY » Editions Bonneton).