Publié le 8 juillet 2021

Façade Chateau de la Motte Feuilly

Le château de La Motte-Feuilly, huit siècles et plein de projets

Inscrit sur la liste des Monuments historiques depuis décembre 2020, le château de La Motte-Feuilly, dans l’Indre, propose des visites théâtralisées les 15 et 16 juillet, en partenariat avec l’office de tourisme du Pays de George Sand. Des rendez-vous qui s’ajoutent à de nombreux projets pour permettre au grand public de découvrir ce joyau du Boischaut-Sud.

Niché au cœur du bocage du Boischaut-Sud, entre La Châtre et Châteaumeillant, le village de La Motte-Feuilly allie charme et tranquillité. Il y a cinq siècles, au tout début du XVIe, c’est sans doute déjà pour cette douceur de vivre que Charlotte d’Albret, l’une des plus grandes dames de la noblesse française de l’époque, mariée au prince italien César Borgia, choisit ce lieu pour résidence.

Le magnifique château de La Motte-Feuilly témoigne aujourd’hui encore de cette époque fastueuse, mais son histoire est plus ancienne encore. « Les premières mentions du château datent de la fin du XIIe siècle, mais la partie la plus ancienne encore présente aujourd’hui, que nous avons pu dater grâce au bois utilisé pour sa construction, est la tour carrée qui date de 1360 », explique Christophe Charlier, propriétaire de l’édifice depuis 2003.

Christophe Charlier, propriétaire du château de la Motte-Feuilly ©N. Barraud

Financier international de profession, ce dernier voyage à travers la planète, mais il n’a jamais oublié ses racines berrichonnes : « Mon grand-père est originaire de Sainte-Sévère (à une dizaine de kilomètres de La Motte-Feuilly) et, tous les étés, nous venions chez mes grands-parents qui avaient une maison à Champillet, confie-t-il. Mes parents ont aussi acheté une maison à Sainte-Sévère et quand mon tour est venu de chercher une maison à la campagne, j’ai tout naturellement cherché par ici ».

©Isabelle Bardiau

Le château de La Motte-Feuilly, où George Sand a situé l’action d’une partie de son roman Les Beaux messieurs de Bois Doré, ne pouvait qu’envoûter ce passionné d’histoire et d’architecture. D’emblée, Christophe Charlier s’est plongé dans les archives, à Châteauroux, Bourges, Paris, pour en retracer l’histoire et celle des familles qui l’ont possédé au cours des siècles. Charlotte d’Albret bien sûr, dont « l’inventaire des biens à sa mort en 1514, contient la première mention d’une tapisserie d’Aubusson-Felletin. Elle en possédait plus de 70 » ; ou encore un certain Jean Pâris de Montmartel, « qui possédait la plus grande fortune de France sous Louis XIII », nous apprend par exemple Christophe Charlier, qui prévoit de réunir le fruit de ses recherches dans un ouvrage qui pourrait sortir l’année prochaine.

©Isabelle Bardiau

Dans l’ombre des Borgia, un spectacle concocté pour le château

En attendant, le propriétaire des lieux partage sa passion avec les visiteurs à l’occasion de plusieurs rendez-vous au cours de l’année : les Journées européennes du patrimoine, en septembre, les Nuits au château, en octobre, les Rendez-vous aux jardins, début juin, et des visites théâtralisées en juillet, organisées avec l’office de tourisme du Pays de George Sand. Cette année, elles auront lieu les jeudi 15 et vendredi 16 juillet. Un spectacle de la compagnie L’Oreille à plumes, intitulé Dans l’ombre des Borgia, écrit spécialement pour ce cadre idyllique, avec une certaine Charlotte d’Albret au cœur de l’intrigue… Une manière originale et ludique de découvrir le château, son parc de onze hectares et ses jardins qui servent de décor au spectacle. D’autant qu’ils viennent tout juste d’être inscrits sur la liste des Monuments historiques, par arrêté ministériel du 21 décembre 2020.
S’y promener, c’est la garantie d’être à la fois impressionné par la majesté du château et ses éléments architecturaux remarquables – hourds, mâchicoulis, piliers torsadés du début de la Renaissance… – et bercé par une espèce de sérénité poétique en flânant dans le potager fleuri aux allures de tableau impressionniste ou près de l’if millénaire, classé Arbre remarquable. Un voyage dans le temps et en dehors du temps. Des sculptures asiatiques – dont Christophe Charlier est un amateur éclairé – installées çà et là renforcent encore l’esprit zen qui se dégage des lieux.

©Isabelle Bardiau

Des hébergements sur place en préparation

Désireux de faire vivre son château, « qui n’a jamais cessé d’être habité », souligne Christophe Charlier, ce dernier ne manque pas de projets. Plusieurs dépendances font ainsi l’objet de travaux de rénovation actuellement, avec la perspective de les louer en gîte et locations de vacances à l’avenir. Le grand pavillon, face au château, pourrait ainsi être opérationnel à l’été 2022. « Il comportera huit chambres ainsi que des salles prévues pour des activités. L’idée est d’y accueillir des séminaires ou de louer à des organisateurs de stages divers : yoga, cuisine… », commente le propriétaire qui envisage aussi, à plus long terme, de proposer des chambres à l’intérieur du château lui-même.
Un hébergement est par ailleurs d’ores et déjà disponible, dans l’un des petits pavillons qui entourent le potager fleuri.
Vous pourriez aussi découvrir prochainement le château de La Motte-Feuilly sur grand écran ou dans les pages d’un magazine, Christophe Charlier souhaitant l’ouvrir à des tournages de films ou des séances photos.

©Isabelle Bardiau

C’est sûr, le château de La Motte-Feuilly n’a pas fini de réserver des surprises et pourrait bien devenir un fleuron du tourisme en Sud-Berry.

Contact : info@chateaudelamottefeuilly.com

 

  • 8 juillet 2021
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J'ai découvert le Berry lors d'une pause en direction du Sud. Un havre de paix où j'ai pris racine et dont je continue de découvrir les richesses vingt ans après.


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