Publié le 13 août 2018

Rencontre avec Eric Bellet, l’emblématique Directeur Artistique du festival DARC

Unique dans le paysage des stages de danse internationaux, DARC 2018 accueille du 12 au 24 août, pour la 43e année, plus de 650 stagiaires. Venus des 5 continents, ils bénéficient pendant 15 jours de l’enseignement de 33 professeurs de renommée internationale, dans 23 disciplines.
DARC, c’est également un festival de musique à la programmation étonnante et détonante, jouant sur la présence d’artistes internationaux d’horizons musicaux très variés et parfois inconnus du public français.
DARC, c’est à Châteauroux mais « pas que » avec le festival « DARC aux Pays », qui exporte ces réjouissances musicales dans huit communes de l’Indre.
Enfin Darc, c’est aussi une opération dans les quartiers défavorisés pour y promouvoir la danse, la musique et les métiers du spectacle.
Derrière cet événement multifacette, on retrouve un homme, Eric Bellet, et son équipe de 150 bénévoles.
Rencontre avec un organisateur hors normes.

43e édition du stage, 37e pour le festival, et toujours cette même passion qui vous anime. Quel est votre secret ?

À chaque édition, j’ai la sensation que c’est la première. Je suis toujours dans une énergie créatrice d’une année sur l’autre. Je ne vois pas le temps passer.

Comment travaillez-vous la dimension internationale du stage-festival ?

Ce sont les stagiaires étrangers et les professeurs de renommée internationale qui sont nos meilleurs ambassadeurs en dehors de nos frontières. Il s’agit aussi d’un travail régulier et en profondeur effectué auprès des Instituts Français du monde entier. Un jour, ce travail paie, il devient réalité et permet l’ouverture sur le monde.

Festival DARC - © Michel Jamoneau

Festival DARC – © Michel Jamoneau

Pouvez-vous nous présenter les opérations Hip-Hop et Percussions dans les quartiers et Back#Stage ?

Il faut voir ces actions dans la durée, cette initiative permet chaque année à une vingtaine de stagiaires issus des quartiers les plus défavorisés de Châteauroux et du département de l’Indre, de découvrir la danse Hip-Hop et les percussions. Pour eux le stage est ponctué de deux moments forts : pour les danseurs de hip-hop, la présentation de 2 à 3 mn de chorégraphies devant l’ensemble des stagiaires, professeurs et médias ; et pour les joueurs de percussions, ils assurent l’au-revoir en gare de Châteauroux le lendemain du spectacle final. Le but de ce projet est de susciter des vocations pour participer au stage l’année suivante. Dans cette dynamique, 40 stages sont offerts par le Conseil départemental et Châteauroux Métropole chaque année.
Concernant le Back # Stage, c’est différent. Là on est dans le domaine de la régie de festivals et de spectacles. Les stagiaires peuvent découvrir les métiers du son, de la lumière, de la régie plateau et backline. C’est une ouverture sur le monde professionnel que l’on propose. À l’issue des deux semaines, les participants ont une bonne vision de ces métiers, ce qui peut déboucher pour certains sur une orientation professionnelle.

Quels sont vos projets de développement pour les années à venir ?

J’aimerais poursuivre la démarche entreprise avec « Darc au Pays », en organisant des concerts dans des lieux où les personnes ne peuvent pas facilement se déplacer ; je pense notamment à l’hôpital et les maisons de retraite.
Je voudrais aussi faire évoluer DARC au pays en alliant aux dates de concerts des opérations de valorisation de produits locaux, mais je ne sais pas encore quelle forme cela prendra.
Et en ce qui concerne le stage, il faut trouver le juste équilibre, le juste milieu pour s’agrandir tout en conservant cette convivialité qui nous caractérise.

Festival DARC - © Michel Jamoneau

Festival DARC – © Michel Jamoneau

Quels sont vos meilleurs souvenirs de DARC?

Pour le stage, c’est le départ « en larmes » à la gare de Châteauroux des stagiaires Chaque année. Ces 15 jours sont un moment très fort pour beaucoup d’entre eux. En ce qui concerne le festival, j’ai en mémoire de nombreux moments forts. Au niveau artistique, Nina Hagen et Shaka Ponk ; mais des rencontres aussi, avec Henry Tachan avec qui nous avons refait le monde, Juliette, Leny Escudero, ou encore Stromae en 2011, qui a souhaité découvrir les coulisses du stage de danse, et tant d’autres. Ça, c’est inoubliable.

Festival DARC - © Michel Jamoneau

Festival DARC – © Michel Jamoneau

Quelle est votre définition de la culture ?

À travers l’expérience de Darc, c’est la découverte des différences, c’est donner envie aux divers publics de découvrir d’autres lieux, d’autres scènes, d’autres festivals, d’autres musiques. Pour moi, l’éducation populaire est quelque chose de fondamental. C’est transformer cette idée en acte comme le stage de hip-hop ou de percussions. C’est aussi les efforts à mener auprès des populations pour que la culture puisse être naturellement source de tous les rapprochements.

Si vous deviez citer deux sites touristiques incontournables de l’Indre ?

J’aime beaucoup le village de Chassignolles, dans le Boischaut-Sud, prêt de la Châtre. On y trouve de nombreux moulins et une belle église du XIIe siècle perchée sur une colline. Dans un autre registre, il y a le château médiéval de Châteaubrun, qui fait face aux ruines de Crozant. Ce lieu a beaucoup inspiré George Sand, et aujourd’hui on peut y découvrir les étonnantes sculptures monumentales de Jean Baudat.

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  • 13 août 2018
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Sophie

Berrichonne d’adoption depuis un certain temps , j'apprécie les valeurs du Berry et de ses habitants, ils ne trichent pas et ils savent faire partager générosité et simplicité. Quant aux festivals de musique, ce sont pour moi des escapades magiques et des rencontres incroyables...


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