Publié le 4 juin 2021

CHATEAU AINAY GNIONCEL

La Route Jacques Cœur

Il se murmure que cette route est un incontournable du tourisme en Berry. Et ce n’est pas pour rien, c’est la plus ancienne route historique de France, puisqu’elle a vu le jour en 1954. En plein cœur d’un patrimoine unique, venez découvrir les châteaux, les villages, et les lieux emblématiques qui forment toute l’histoire du département du Cher et de la Route Jacques Cœur.

Un peu d’histoire sur la Route Jacques Cœur

Si la route prend le nom de Jacques Cœur, ce n’est pas anodin. Effectivement, elle rend hommage à ce personnage berruyer, discret dans l’histoire de France, malgré son rôle d’Argentier du roi Charles VII. En réalité, il a été très présent lors de nombreux événements et a eu l’honneur de rencontrer des figures emblématiques telles que Jeanne d’Arc, Agnès Sorel, les Stuarts…

Sur ses terres natales, il était donc tout naturel de lui rendre sa lumière puisque ce sont pour la plupart, des lieux où il est passé et où il a vécu. C’est grâce au Château d’Ainay-le-Vieil, de Meillant et au Château de Culan que cette route a pu voir le jour en 1954. Ils proposaient initialement des visites, des découvertes nocturnes et des illuminations sur leurs sites pour animer les soirées d’été. Aujourd’hui, les membres se sont multipliés et la route compte désormais 18 sites.

La Route Jacques Cœur est une association qui a pour but de développer, animer le patrimoine et favoriser l’organisation du tourisme durable. Depuis près de 70 ans, la route a su garder ses valeurs pour faire découvrir des lieux chargés d’histoire.

Au programme, parcourez plus de 180 km de visite de sites culturels, de châteaux, ou encore de villes & villages. La route rassemble 18 sites, villes et monuments dont un dans le Loiret et un dans l’Allier.

Quelques châteaux le long de la Route Jacques Cœur

8 châteaux privés sont présents le long de la Route Jacques Cœur. De la Sologne au Berry Saint-Amandois en passant par le sancerrois, vous serez étonnés de trouver des châteaux si bien conservés.

Le Château de la Verrerie

Ce véritable joyau de la Renaissance est situé sur les terres d’Oizon, qui dépendent de la seigneurie d’Aubigny-sur-Nère qui a été offerte aux Stuarts d’Ecosse par Charles VII en remerciement de leur aide armée contre les Anglais. C’est entre 1495 et 1500 que Bérault Stuart a agrandi le domaine pour en faire une demeure d’agrément entre forêt et étang. Depuis 1842, c’est la famille Vogüe qui est propriétaire des lieux. On dit qu’Alain Fournier, le célèbre auteur du Grand Meaulnes aimait particulièrement se promener autours du château.

Château de la Verrerie ©Ad2T - Y. Rousset

Le Château de la Chapelle-d’Angillon

Ce château est un des plus anciens spécimens d’architecture militaire du Cher, avec un donjon bâti au XIème siècle.  À l’époque, c’était le lieu de résidence des Princes de Boisbelle, et c’est ici qu’on vécut deux bâtisseurs de cathédrales. Un musée est consacré à la vie, aux œuvres et aux voyages d’Alain Fournier, le célèbre auteur du grand Meaulnes.

Le Château de Menetou-Salon

Situé au cœur du vignoble AOC de Menetou-salon, avec un style néogothique lié à sa totale reconstruction faite par la famille au XIXème siècle, ce château vous transporte au siècle des romantiques, dans l’univers Proustien. L’édifice d’origine doit dater du XIVème siècle. Il a connu par la suite un agrandissement au XVIIème, puis une totale reconstruction au XIXème.

Son style néogothique actuel est très inspiré du Palais Jacques Cœur, rappelle qu‘il en a été le propriétaire de 1448 à 1456. Sa visite vous fera découvrir une incroyable collection de voitures hippomobiles et automobiles et se terminera par une dégustation des vins du domaine.

Le Château et Parc de Pesselières

Cet édifice est une ancienne maison forte des Maréchaux du Comté de Sancerre. La première seigneurie de Pesselières date de 1170. En 1381, elle se transforme en château et maison forte de Pesselières. Elle est occupée ensuite par des troupes de la ligue, puis par des royalistes, dans la fin des années 1590. Elle a été en partie détruite et a connu différentes époques de reconstruction.

Aujourd’hui, le domaine se distingue par son parc et ses jardins classés Jardins Remarquables. Des iris le long des anciennes douves au jardin clos en passant par le labyrinthe de charmilles, l’allée de topiaires ou encore son allée de buis tricentenaires, c’est un véritable moment de quiétude qui vous attend à seulement quelques kilomètres de Sancerre.

Ce parc romantique fait partie des jardins secrets du Cher. Avec ses rives fleuries, ses prairies, ce jardin clos offre également une magnifique collection d’iris. Il fait même partie des Jardins étape de la Route des Iris.

La visite ne comprend que les extérieurs du château, la cour d’honneur, le pont, les douves et la rivière ainsi que le parc et les jardins. Pour la visite du château, elle n’est réservée que pour les groupes sur demande.

Le Château de Meillant

Ce château qui appartient à la famille Rochechouart de Mortemart, l’une des familles les plus anciennes de France, comporte de multiples facettes tant par son architecture que par ses collections et son histoire.

Il a conservé en partie sur sa façade ouest son aspect de forteresse médiévale du début du XIVè siècle, sous l’influence des Comtes de Sancerre, tandis que sa façade est, de style gothique flamboyant, est l’héritage des transformations effectuées par Charles Ier d’Amboise et son fils à la fin du XIVè et au début du XVè siècle, une architecture, par ses détails de décors sculptés, réalisée à la gloire de ses propriétaires et annonciatrice des châteaux de la Loire comme celui de Blois.
Entièrement meublé par les souvenirs des différentes générations qui se sont succédées, le Château de Meillant regorge de trésors : armes et mobilier ancien, tableaux de maître, sculptures.
Son parc à l’anglaise, aménagé au XIXè siècle vous permettra de découvrir la ferme XIXè du domaine avec sa sellerie et sa collection de voitures anciennes tandis qu’une autre dépendance abrite un parcours miniature retraçant l’histoire de l’architecture française du Moyen-Âge au début du XXè siècle.

Le Château d’Ainay-le-Vieil

Le château fort d’Ainay-le-Vieil et ses 9 tours datent du Moyen-âge, il a été reconstruit entre 1330 et 1340 par Gilles de Sully, un chevalier et seigneur de Beaujeu, Ainay-le-Vieil et Blet. Très bien située dans la vallée du Cher, la forteresse a servi de base aux soldats qui combattaient les troupes anglaises pendant la guerre de Cent Ans. Considérée comme l’une des forteresses les mieux conservées de France elle dispose de décors intérieurs exceptionnels avec des cheminées monumentales, chapelle avec plafond à caissons sculptés et peintures murales des XVIème et XVIIème siècles.

Propriété de la famille de Jacques Cœur entre 1435 et 1467, le château est acquis par le Seigneur de Bigny et appartient depuis, à la même famille depuis 5 siècles ! C’est au seigneur de Bigny que l’on doit la construction du Logis Renaissance situé dans la forteresse, Logis entièrement restauré aujourd’hui par ses descendants Arielle et Hervé Borne. Ce sont les grands-parents d’Arielle qui ont participé à la création de la Route Jacques Cœur en ouvrant leur château au public en 1954.
Ainay-le-Vieil, c’est aussi une succession de jardins, aujourd’hui labellisés Jardins Remarquables, créés par Marie-Sol de La Tour d’Auvergne avec une roseraie comportant de nombreuses variétés de roses anciennes, le Carré en l’île, Jardins d’eau de la Renaissance restauré et les chartreuses.

Le Château de Sagonne

Édifié sur un site gallo-romain et surplombant un village médiéval, cet énorme donjon conserve des souvenirs d’hôtes illustres tel que le Connétable de Sancerre, ou encore le célèbre architecte de Versailles Mansart qui a été propriétaire des lieux, qui a effectué des transformations qui ont aujourd’hui disparu.

La forteresse de Sagonne a été construite au XIVème siècle dans le but d’assurer la protection de la route de Bourges à Moulin contre les ravages mercenaires. À l’intérieur, des peintures murales du XIVème et XVIIème siècle, des tapisseries, des portraits historiques ou encore des armes anciennes ornent les murs des grandes salles médiévales.  Chaque été, le château reprend vie avec des fêtes médiévales le 3ème week end de juillet et accueille des conférences historiques.

La suite de la route se poursuit dans l’Allier avec le Château de Peufeilloux à Vallon-en-Sully.

Sagonne

Des monuments emblématiques

Trois monuments publics sont membres de la Route Jacques Cœur, dont deux sont dans le Cher : Le Palais Jacques Cœur et l’Abbaye de Noirlac. Ce sont des incontournables du territoire, à Bourges et dans le Berry Saint-Amandois.

Le Château de Gien est le premier monument de la Route Jacques Cœur, situé dans le Loiret non loin de la Loire.

Le Palais Jacques Cœur

Cet édifice est l’un des plus beaux chefs d’œuvre de l’architecture gothique civile que nous a laissé le XVème siècle. C’est à son commanditaire Jacques Cœur que l’on doit la réalisation de cette « Grand Maison » construite entre 1443 et 1450 à la gloire de son propriétaire, grand commerçant, qui est devenu argentier de Charles VII et qui a été anobli par ce dernier. Mais arrêté par le roi en juillet 1451, Jacques Cœur a été confisqué de ses biens, accusé et condamné au terme du son procès en 1453. Evadé de sa prison, il part au service du Pape en Italie et meurt sur l’île de Chio en 1456 lors d’une expédition navale contre les Turcs.
Devenu Hôtel des échevins, puis palais de justice au XIXème siècle, d’où le terme de Palais aujourd’hui utilisé, l’édifice fut classé Monument Historique en 1840 et acquis par l’Etat en 1923. Entièrement restauré, le lieu accueille aujourd’hui différentes manifestations culturelles.

Palais Jacques Coeur

L’Abbaye de Noirlac

Fondée en 1136 par des moines qui sont venus de l’Abbaye de Clairvaux, l’Abbaye cistercienne de Noirlac est fondée sur des terres données par le Seigneur de Meillant. Vendue comme Bien national à la Révolution Française, elle est occupée par une usine de porcelaine au XIXème siècle avant d’être rachetée par le Département du Cher en 1911. Ayant servi d’abri aux réfugiés espagnols en 1936, sa restauration débute au milieu des années 1970. Entièrement restaurée aujourd’hui, l’abbaye de Noirlac offre sérénité et apaisement avec son environnement naturel préservé. Devenue Centre culturel de rencontre, elle accueille désormais de nombreuses résidences d’artistes et offre une programmation culturelle variée en plus des visites du monument et du bocage qu’elle propose. Elle s’est enrichie de nouveaux jardins créés par Gilles Clément.

Les villes & villages au cœur de la Route Jacques Cœur

7 villes et villages se trouvent le long de la Route Jacques Cœur. C’est autant de haltes où il fait bon de flâner et apprécier les témoignages du passé laissées dans la pierre. Chaque cité a son histoire et son caractère et c’est ce qui fait toute la richesse de cette Route. De nombreux siècles ont marqué les lieux et c’est encore visible aujourd’hui !

Argent-sur-Sauldre

Cette petite ville Solognote aux portes du Cher, vous invite à découvrir le Musée des Métiers d’Antan où vous serez plongés dans le passé. Une vingtaine de salles sur 3 niveaux présentent les métiers comme le forgeron, le bourrelier, le sabotier ou encore le charpentier.

Un autre espace, abrite une belle exposition de papillons, et des oiseaux naturalisés ainsi qu’une partie sur l’histoire de l’Abbé Moreaux, astronome et météorologue Français du XIXème siècle né à Argent-sur-Sauldre.
Le musée est installé dans l’ancien château du village, de nombreuses fois remanié, et qui a appartenu un temps à l’intendant du Berry, Nicolas Du Pré de Saint-Maur à qui l’on doit la configuration actuelle du château et de ses dépendances.

Aubigny-sur-Nère : la cité des Stuarts

La ville d’Aubigny-sur-Nère est marquée de l’empreinte écossaise. Étroitement liée à la maison royale entre le XIIème et le XVème siècle, la ville fortifiée sous Philippe Auguste, appartient ensuite au Duché du Berry, apanage de Jean de Berry puis c’est Jean Stuart, le connétable de l’armée d’Ecosse qui a combattu avec 5000 hommes auprès du roi Charles VII contre les Anglais qui reçoit la ville en remerciement au nom de l’Auld Alliance qui unit la France et l’Ecosse depuis 1165. Ravagée par un incendie en 1512, la ville est en partie reconstruite avec le bois du domaine de Robert Stuart et les maisons à pans de bois présentes aujourd’hui en témoignent.
C’est en 1672 que la lignée des Stuarts s’éteint, la seigneurie est donc léguée par Louis XIV à Louise de Keroual (la maîtresse du roi Henri II d’Angleterre). A ce jour, la tradition écossaise est toujours conservée avec les fêtes franco-écossaises en juillet et le château qui abrite le Centre d’interprétation de l’Auld Alliance.

Sancerre : la cité médiévale

Bien que connue pour son vin AOC, Sancerre est située sur un ancien oppidum gaulois. La cité médiévale surplombe la Loire sur son piton rocheux de 312m d’altitude, qui a longtemps été sous domination des Comtes de Champagne. En 1152 est créé le Comté de Sancerre avec Etienne, premier comte de Sancerre, fils de Thibault le Grand, Comte de Champagne. Au fil du temps la villes est devenue protestante, et a subi de nombreux dommages. L’ancien château des Comtes de Sancerre la Tour de Fiefs offre une vue panoramique sur la Loire et les vignobles entourant la cité.

En plein cœur du village se situe la Maison des Sancerre, un lieu qui propose de découvrir les secrets de l’appellation, avec un parcours ludique et interactif, pour petits et grands, débutant ou avertis et des rendez-vous réguliers invitant le visiteur aux dégustations des vins de l’appellation Sancerre.

À quelques kilomètres de Sancerre, le village de Chavignol est un incontournable, ce fameux village a donné son nom au fromage de chèvre : le Crottin de Chavignol.

Bourges : ancienne cité gallo-romaine

Bourges, dont le nom vient du peuple gaulois, les Bituriges, était précédemment appelée Avaricum, ce qui signifie « riche en eau ». En témoignent l’Yèvre et le Cher, et l’Auron qui la traverse et ses 135 ha de marais en plein cœur de la ville.

Protégé par les eaux, son centre historique, déjà occupé sous l’Antiquité, s’est développé entre Moyen-Âge et Renaissance, nous laissant de nombreux monuments et bâtiments très bien conservés avec, entre autres, plus de 400 maisons à pans de bois.

Ne manquez pas le Palais Jacques Cœur, les musées et les Marais de Bourges avec 135 hectares de verdure en plein cœur de la ville.

Mehun-sur-Yèvre : une cité historique

De son château, de nombreuses fois reconstruit au cours des siècles par le Duc Jean de Berry, puis occupé par Charles VII et abandonné par Louis XII au profit des châteaux de la Loire, la tour restante du Château de Mehun-sur-Yèvre, détruite en partie par un incendie au XVIè siècle et démantelé à la Révolution, abrite les collections archéologiques de la ville. Au sommet, un magnifique panorama offre une vue à 360° sur la campagne environnante.

La collégiale Notre-Dame ainsi que la porte de l’horloge témoignent également du passé médiéval de la cité. Mehun est aussi connue pour ses savoir-faire, notamment la porcelaine qui orne les tables françaises depuis plus de deux siècles avec la Manufacture Pillivuyt. Un pôle est entièrement dédié à cet art, et met en avant le savoir-faire des porcelainiers du XIXème siècle.

Dun-sur-Auron

Anciennement nommée Dun le Roy, cette cité fortifiée sous Philippe Auguste conserve de son passé historique une partie de ses remparts et son beffroi unique en Région Centre Val de Loire.

Capitale gastronomique de la noix en Berry, elle entretient la tradition de la fabrication d’huile de noix avec une huilerie qui a plus de deux siècles d’existence.

Saint-Amand-Montrond

Au cœur de la ville, retrouvez le musée Saint-Vic qui retrace 100 000 ans d’histoire. Dans une demeure du XVIème siècle, le musée expose de passionnants témoignages de 100 000 ans de présence humaine locale. De l’homme préhistorique au Grand Condé en passant par des peintres ou encore des sculpteurs-sabotiers tel que Louis Touzet.

Second lieu à visiter, la Forteresse de Montrond. Cette forteresse bastionnée est unique en région Centre Val-de-Loire. Classée aux Monuments Historiques depuis 1988, son existence date du début du XIIIème siècle. Riche en reconstruction, elle a été dans les mains du Duc de Sully au début du XVIIème siècle, puis dans celles de Jean Sarrazin pour prince Henri II de Bourbon-Condé pour les fortifications bastionnées. Abandonnée, elle a fait l’objet de fouilles archéologiques et de chantiers de restauration à partir des années 1970. Aujourd’hui, des visites régulières y sont organisées.

Si vous préférez les randonnées ou les balades à vélo, venez emprunter le canal de Berry depuis Saint-Amand, il vous emmène jusqu’à Montluçon ou encore jusqu’à Bourges.

  • 4 juin 2021
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Nina

Berruyère donc Berrichonne d’origine, je prends plaisir à explorer et faire découvrir les trésors que cachent cette belle région. Soyez curieux, le Berry cache son jeu !


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