Publié le 3 juin 2021

Julien Martin, berger d’abeilles

Le Berry possède une vraie tradition apicole. Julien Martin, apiculteur à Montierchaume, dans l’Indre, la perpétue, comme ses parents et son grand-père avant lui. Afin de proposer une palette de miels large et variée, il pratique la transhumance des ruches.

Ça y est, le printemps est bien installé. Le mercure grimpe dans le thermomètre, les prés se couvrent de fleurs et les abeilles passent consciencieusement de l’une à l’autre. Parmi celles-ci, beaucoup s’en iront déposer le nectar récolté dans les ruches d’un apiculteur.
Avec ses paysages variés et la flore spécifique à chacun d’eux, le Berry est une terre propice à l’activité apicole et possède d’ailleurs une vraie tradition dans ce domaine. « Au XIXe siècle et jusqu’au milieu du XXe, la manufacture de ruches Colleville, à Châteauroux, approvisionnait toute la France et, il y a quelques décennies, on dénombrait encore dans l’Indre des apiculteurs avec deux mille ruches et plus », indique Julien Martin. Apiculteur à Montierchaume, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Châteauroux, ce dernier perpétue à la fois l’histoire apicole du Berry et une tradition familiale.

La Ruche Martin ©Isabelle Bardiau

Une ferme 100 % apicole

« Je suis la troisième génération d’apiculteurs. Mon grand-père a commencé après-guerre et mes parents ont repris après lui », confie en effet Julien. Lui-même a d’abord été technicien dans l’aéronautique pendant une dizaine d’années avant de reprendre l’exploitation familiale. Une évidence : « J’ai grandi dans l’apiculture et j’ai fait le choix d’y revenir. Après avoir passé un BPREA (un diplôme agricole), je me suis installé en 2016. J’étais déjà assez proche de la nature avant cela, mais j’y suis encore plus sensible aujourd’hui que je travaille à son contact ».
Julien Martin ne fait pas les choses à moitié : sa ferme – La Ruche Martin – est 100 % apicole. Autant dire que ça butine dur avec plus de 700 colonies en hivernage et 500 ruches en production. Pour diversifier ses miels, notre apiculteur pratique la transhumance. Comme un berger guide ses moutons là où l’herbe est plus verte, lui déplace ses ruches en fonction des périodes de floraison et du type de miels qu’il souhaite produire. « La récolte de printemps se fait ici, fin avril début mai, détaille Julien. On enchaîne ensuite avec une première transhumance pour le miel d’acacia, dans le Loir-et-Cher et l’Yonne. J’emmène aussi des ruches sur le plateau de Millevaches, en Corrèze, pour du miel de montagne, de ronce, de bourdaine ».

Julien Martin, apiculteur à Montierchaume ©Isabelle Bardiau

Le miel de fleurs du Berry, « doux et crémeux »

Notre apiculteur berrichon s’est même rendu jusqu’en Provence pour produire du miel de lavande. Pour le miel de coriandre, c’est notamment dans le Cher, autour de Bourges, qu’il positionne ses ruchers. Au gré des transhumances, Julien propose aussi des miels de carotte, de fleurs de Creuse, de sarrasin, de châtaignier… Et du miel de fleurs du Berry bien sûr, « doux et crémeux, avec une belle couleur jaune tournesol ».
Les ruches sont généralement installées sur les terres d’autres agriculteurs qui bénéficient quant à eux de la présence des abeilles pour polliniser leurs cultures. Un échange de bons procédés. La production s’étend d’avril à août, voire jusqu’en automne pour le miel de bruyère callune.
En théorie du moins puisque l’apiculture, comme toute activité sujette aux cycles naturels et à leurs aléas, n’est pas une science exacte. « Il faut être attentif à la météo et très à l’écoute de la nature, en regardant par exemple à quelle vitesse s’ouvrent les fleurs, explique Julien Martin. Pour faire du miel, il faut de l’eau et de la chaleur en alternance. La sécheresse joue donc énormément ». Il en résulte de très fortes variations de production d’une année à l’autre : « 2020 a été une très bonne année avec des conditions de chaleur et d’humidité qui ont permis de récolter 30 tonnes de miel. Mais en 2019, avec la canicule, nous n’étions qu’à 12 tonnes ».
Depuis son installation, Julien Martin a également développé la récolte de pollen et s’est récemment engagé dans la production de gelée royale, qui demande une technicité particulière.

Saurez-vous retrouver l’abeille reine ? ©Isabelle Bardiau

Des visites aux serres municipales de Châteauroux

La récolte, l’extraction et le conditionnement du miel sont réalisés sur l’exploitation, de même que la commercialisation, en vente directe dans la boutique de la ferme. Gourmands et gourmets peuvent également y trouver du pain d’épices maison, des confitures maison, au miel bien sûr, et bien d’autres produits dérivés. Les apiculteurs peuvent aussi venir s’y équiper en matériel apicole, ainsi qu’en essaims pour peupler leurs ruches. La Ruche Martin est également présente sur des salons gastronomiques et marchés de producteurs, jusqu’en région parisienne et en Bretagne. Ses produits sont également disponibles dans plusieurs épiceries locales.

Une grand variété de miels à retrouver ©Isabelle Bardiau

Passionné par son métier, Julien Martin aime aussi le faire partager. Dès son installation, il a ainsi rejoint le réseau Bienvenue à la ferme qui organise chaque année (hors covid) un week-end de portes ouvertes au printemps. Après avoir revêtu une combinaison aux allures de scaphandre de cosmonaute, les visiteurs découvrent la ferme apicole de l’intérieur et peuvent échanger avec Julien sur son quotidien d’apiculteur. L’occasion aussi de mesurer tout le travail réalisé par les abeilles et les hommes avant que le miel n’arrive sur nos tartines.
Avec l’office de tourisme castelroussin, notre apiculteur anime également chaque été des visites aux serres municipales de Châteauroux où sont installées quelques-unes de ses ruches. Une sortie familiale à ne pas rater.

wwwlaruchemartin.fr

  • 3 juin 2021
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J'ai découvert le Berry lors d'une pause en direction du Sud. Un havre de paix où j'ai pris racine et dont je continue de découvrir les richesses vingt ans après.


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