Publié le 9 juin 2020

verger des Murailles

Le verger des Murailles, portrait de Laurence de Lisle

Aux portes de la vallée de Germigny se niche un magnifique verger où chaque été se pressent les gourmands de fruits rouges. Au lieu-dit des Murailles, depuis la fin mai, c’est le temps des cerises… Laurence de Lisle nous parle de ses terres agricoles haute en couleurs, cultivées depuis trois générations.

Un grand verger familial

Le verger des Murailles est situé à quelques kilomètres de Nérondes, dans le petit village de Tendron, entouré de champs d’orge et de blé. Quand on arrive là-bas, on tombe sous le charme du petit étang qui longe les allées de pommiers et de cerisiers. Au loin, la perspective géométrique des groseilliers piqués de rouge et plantés en ligne attire l’œil… Laurence de Lisle nous accueille tout sourire, à la boutique qui jouxte le parking, avec un énorme panier de bigarreaux couleur rubis. Elle nous conte l’histoire de ce lieu. « Tout a commencé en 1953… mon grand-père se lance dans la production de pommes et mon père le rejoint dans les années 60. En 1967, avec plusieurs arboriculteurs du Cher, il décide de créer la coopérative « Les Fruits du Berry » située aux Aix d’Angillon, qui leur permet d’investir ensemble dans des équipements de calibrage, de conditionnement et dans des quais d’expédition par rail… C’était la grande époque de la pomme française». Visionnaire, le père de Laurence plante des cerisiers, des cassis et des groseilles dès 1968, afin de multiplier les productions fruitières et assurer l’avenir. Et parmi ses enfants, seule Laurence reprendra le flambeau, après avoir travaillé en qualité d’ingénieure en travaux publics et vécu des années en Asie avec son mari. « Quand nous sommes revenus en France, j’ai voulu me réinstaller sur les terres de mon père qui partait à la retraite. J’avais 39 ans, il était temps pour moi de retrouver ma campagne et de continuer de faire vivre ce magnifique verger ». 

Un changement radical de vie, mais dans un lieu dans lequel Laurence avait grandi et noué un contact privilégié avec la nature. Depuis tout ce temps, elle gère le verger des Murailles avec une équipe de salariés, tout au long de l’année. Ce n’est pas parce que les récoltes de fruits sont concentrées de début juin à mi-novembre qu’ils chôment le reste de l’année, bien au contraire. En automne-hiver, la taille des pommiers occupe déjà durant 3 mois ; il faut remettre en ordre les palissages, nettoyer les allées, installer correctement les filets anti-grêle, procéder à de nouvelles plantations, tailler, broyer… et ce, sur les 80 hectares de verger.

 

verger des Murailles

… en agriculture raisonnée

Si Laurence de Lisle a fait le choix de produire en quantité pour l’industrie de la transformation, notamment pour de grandes marques comme Andros, Materne (confitures, compotes…), pour des producteurs de liqueur de cassis de Dijon ou de concentrés fruités en Allemagne, elle a suivi le chemin de son père engagé dans une agriculture raisonnée. Elle utilise lorsque cela est possible des techniques alternatives biologiques pour protéger ses arbres des insectes nuisibles. « Mon père a été l’un des premiers en France à avoir recours à la confusion sexuelle pour lutter contre le carpocapse ou à introduire des prédateurs pour limiter la présence d’acariens rouges». Les aléas climatiques, notamment les fortes gelées de printemps, la contraigne également à trouver des solutions pour protéger ses arbres des gelées printanières. Comme bon nombre de professionnels du secteur, elle utilise le système d’arrosage qui recouvre d’eau les fleurs sensibles d’une fine pellicule de glace maintenue à 0 °C et des bougies anti-gel.

verger des murailles

La cueillette à la ferme

Au verger des Murailles, on peut s’adonner à la cueillette en direct à la ferme depuis des années. Les temps changent selon Laurence… « On voit arriver des personnes que l’on ne connaissait pas et qui ont certainement ouvert les yeux sur les ressources de notre région ; ils ont fait le choix de faire l’impasse sur les cerises de supermarché provenant parfois d’Europe de l’Est, emballées dans des barquettes en plastique à 7 € le kilo, et de venir nous voir pour cueillir nos bonnes cerises locales vendues à 3 € le kilo ». Elle se souvient qu’à l’origine, les familles venaient une seule fois dans la saison et glanaient jusqu’à 100 kg de petits fruits pour les transformer directement en conserves pendant 3 jours ! Aujourd’hui les cueilleurs ramassent un ou deux seaux et reviennent la semaine d’après pour étaler la récolte et la transformation.

verger des Murailles

Des variétés multiples pour une récolte plus longue

Laurence suit les desiderata de ses clients, friands de grosses cerises noires, juteuses et sucrées de type bigarreaux. « On commence avec les Burlat (variétés précoces et peu croquantes), puis s’ensuit la Folfer, la Ferdouce, la Samba, la Van (plus tardives, fermes, pourpres et très croquantes), pour terminer enfin avec l’Hedelfingen », explique-t-elle. Bien entendu, le verger comporte une variété de cerises très prisée dans le Berry, la fameuse griotte de Montmorency avec laquelle on aime réaliser des clafoutis. L’objectif pour Laurence est de permettre la cueillette de cerises sur 5 semaines, de début juin à mi-juillet, afin que les touristes puissent également en profiter. Quant aux cassis, l’Andega, le Noir de Bourgogne et le Blackdown, ils se récoltent fin juin – début juillet. N’oublions pas les groseilles, les précoces Wilder et Junifer et les tardives Rovada et Tatran, avec lesquelles on réalise de délicieuses gelées. Laurence nous confie d’ailleurs une recette d’antan, la gelée de groseilles à froid : « On disposait le jus de groseilles encore chaud avec du sucre dans des casseroles, que l’on posait directement sur le capot du tracteur… la gelée prenait alors directement car elle est très riche en pectines ». Une étonnante confiture à la mode berrichonne, à tester avec les délicieux fruits rouges et sucrés du verger des Murailles bien entendu !

Le verger des Murailles

18350 Tendron – 02 48 74 81 78 – www.vergerdesmurailles.fr

Cerises, groseilles, cassis et pommes – Boutique de produits locaux (conserves, fromages frais, lentilles et jus de fruits…).
Période d’ouverture : mi-juin/mi-juillet pour les cerises, groseilles et cassis, à partir de mi-août pour les pommes (dates exactes annoncées sur le répondeur et sur le site Internet, de même que les horaires). Pour les cerises : tous les jours, de 8 h à 12 h et de 14 h à 18 h, même le dimanche et les jours fériés.

En bonus : la recette du clafoutis aux cerises de Linda

  • 9 juin 2020
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Chloé

Berrichonne et membre de Berryprovince, soyez surpris par notre territoire si attachant !


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