Publié le 11 mars 2021

Ouverture de la truite ©charlyderouet

Pour l’ouverture de la truite, choisissez le Berry

C’est samedi 13 mars que retentira le gong de l’ouverture de la pêche à la truite, un rendez-vous très attendu des pêcheurs. Le Berry, où les fédérations de pêche sont attentives à la préservation du patrimoine piscicole, constituera cette année encore une destination de choix pour tous les amateurs de ce noble poisson.

 

La pêche à la truite ouvre samedi 13 mars. Chaque année, c’est un véritable événement dans le calendrier halieutique, que tous les pêcheurs amateurs de ce noble poisson préparent et attendent de pied ferme. « C’est la première ouverture de l’année, avant celle du carnassier en avril, souligne en effet Christian Stéphan, président de la fédération de pêche du Cher. C’est une vraie fête de la pêche. Beaucoup de pêcheurs en profitent d’habitude pour se retrouver et partager le casse-croûte au bord de l’eau, mais ce ne sera malheureusement pas possible cette année à cause du covid. »

La truite, un indicateur des eaux de bonne qualité

Le Berry recèle quelques belles rivières à truites, qui sont autant de signes d’un environnement préservé. En effet, « la truite est le poisson de référence des eaux de 1re catégorie », poursuit Christian Stéphan ; c’est-à-dire des eaux bien oxygénées, fraîches, épargnées par les pollutions avec des lits de rivières tapissés de graviers pour que dame truite y dépose ses œufs. 
Dans le Cher, les cours d’eau et lacs classés en 1re catégorie se situent principalement, d’une part dans le nord du département, entre Argent-sur-Sauldre et le Sancerrois en particulier (la Sauldre, le Vernon…), d’autre part dans sa pointe sud, notamment sur les secteurs de Culan et Le Châtelet (l’Arnon, le Portefeuille…).
Dans l’Indre voisin, « 80 à 90 % des rivières à truites se situent au sud de Châteauroux, indique Bruno Barbey, directeur de la fédération de pêche départementale. Ce sont les têtes de bassin de l’Indre, de la Bouzanne, de l’Anglin, les affluents de la Creuse tels que la Gargilesse. Sur les 5 000 kilomètres de cours d’eau répertoriés dans l’Indre, 3 000 sont classés en 1re catégorie. Parfois, ce ne sont que des ruisseaux de 50 centimètres de large, mais on peut y rencontrer de belles truites qui les ont remontés au cours de l’hiver. En été, quand les températures remontent, elles redescendent dans les rivières plus larges ».

Pêche dans l'Indre, moulinet ©HVI

Pêche dans l’Indre, moulinet ©Hellio Van Ingen

Des pêcheurs de Paris, Orléans, Tours…

Indre et Cher ne manquent donc pas d’arguments pour séduire les pêcheurs à la truite, du Berry et d’ailleurs. De la région parisienne, de Blois, Tours ou Orléans, ils sont en effet nombreux à venir y titiller la truite à l’approche du printemps. « Au sud du Berry, le Limousin et l’Auvergne sont riches en rivières à truites, mais ce n’est pas le cas au nord, explique Bruno Barbey. Les pêcheurs à la truite sont prêts à faire des kilomètres pour découvrir de nouveaux lieux de pêche. Notre enjeu, c’est de freiner ce mouvement nord-sud, pour que ceux qui descendent de la région parisienne et du nord de la région Centre Val de Loire s’arrêtent chez nous. » 
Les fédérations de pêche du Cher et de l’Indre sont ainsi particulièrement attentives à la gestion de leurs populations de truites sauvages ; un patrimoine naturel à préserver, pour que la pêche puisse continuer de se pratiquer, mais aussi parce qu’elles participent à la riche biodiversité que le Berry a encore la chance d’abriter. Un site comme le Moulin des Fougères, au sud du Cher, propriété de la Gaule Culanaise, est ainsi classé Espace naturel Sensible (ENS), et géré en partenariat avec le Conservatoire des Espaces naturels de la région Centre Cal de Loire. Des visites guidées y sont organisées depuis 2015. Cette année, elles sont prévues samedi 3 avril et samedi 21 août. 

Pêche à la truite ©Charly Derouet

Pêche à la truite ©Charly Derouet

Le no-kill en plein développement

Plusieurs actions, telles que des réserves de pêche sur certaines portions de rivières ou des alevinages, ont été mises en place afin de favoriser le maintien et le développement de la truite fario, l’espèce qui peuple traditionnellement les cours d’eau berrichons. Parallèlement, des empoissonnements de truites arc-en-ciel, une espèce non autochtone, sont organisés dans certains lacs et rivières afin de répondre à la pratique halieutique.
Par ailleurs, les pratiques de pêche ont elles aussi évolué, avec une remise à l’eau de plus en plus fréquente des poissons, appelée le no kill. « Il y a 30 ans, 80 % des pêcheurs consommaient les poissons qu’ils prenaient. Aujourd’hui, 80 % les remettent à l’eau », note Bruno Barbey. « Les jeunes le pratiquent beaucoup, et pour toutes les pêches », confirme Christian Stéphan.
Si la pêche est un loisir, elle va donc aussi de pair avec la gestion de la ressource. Dans ce domaine, le Berry affiche de belles dispositions comme le prouvent les milliers de pêcheurs qui, chaque année, choisissent l’Indre et le Cher pour l’ouverture de la truite. 

Rendez-vous samedi 13 mars, une demi-heure avant le lever du soleil. La pêche à la truite sera ensuite autorisée jusqu’au dimanche 19 septembre.

 

Fédération de pêche du Cher

Fédération de pêche de l’Indre

 

  • 11 mars 2021
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Nicolas Barraud

J'ai découvert le Berry lors d'une pause en direction du Sud. Un havre de paix où j'ai pris racine et dont je continue de découvrir les richesses vingt ans après.


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